Marie-Christine LLorca

09 mai 2019

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L’interviou AGO : S’il te plait, dessine moi la neuroscience

L’interviou AGO : S’il te plait, dessine moi la neuroscience

 

 

AGO : Bonjour Karine BRESSAND, vous êtes formatrice et coach pédagogique, domaine que nous connaissons bien à AGO, et Docteur en Neurosciences. Pouvez-vous nous éclairer un peu plus sur cette science ?

Karine BRESSAND : Notre cerveau est sans doute l’objet de plus complexe de l’univers avec ses 100 milliard de neurones et ses un million de milliards de connexions entre eux. Les neurosciences sont l’étude de la structure et du fonctionnement du système nerveux. L’aspect le plus connu du grand public est les sciences cognitives qui explorent les mécanismes de notre perception, de nos émotions et de nos pensées grâce aux techniques d’imagerie qui permettent d’étudier le cerveau en direct.

 

AGO : A quoi servent les neurosciences d’une manière pratique ?

KB : Le premier objectif des neurosciences est de comprendre le fonctionnement de notre système nerveux et de pouvoir soigner les maladies qui l’affectent. Mais les applications de toutes ces connaissances sont nombreuses, dans des domaines aussi variés que l’économie, le marketing, le droit, le management et l’éducation.

Pour autant, les neurosciences ne sont pas une baguette magique ! Pour moi les neurosciences sont un angle de vue qui, combiné à d’autres, permet de mieux se comprendre et d’enrichir son comportement et ses pratiques.

 

AGO : Pour la neurobiologiste que vous êtes, ça veut dire quoi apprendre ?

KB : Apprendre, au sens neurophysiologique, c’est établir de nouvelles connexions entre les neurones de son cerveau. Une fois créées, ces connexions peuvent se renforcer ou s’estomper, voire même disparaitre si elles ne sont pas utilisées. Que nous le voulions ou non, nous apprenons, notre cerveau est fait pour ça et chaque expérience laisse une trace dans notre cerveau.

 

AGO : Ce sont donc ces connexions que vous voulez renforcer ?

KB : Tout à fait !

 

AGO : Pouvez-vous nous expliquer un peu mieux cette approche dans les apprentissages ?

KB : C’est ce que nous appelons la neuro-pédagogie. C’est une passerelle entre neurosciences et pédagogie qui a pour objectifs de comprendre l’acte d’apprendre et de proposer des outils pédagogiques compatibles avec le fonctionnement du cerveau.

Les apports des neurosciences viennent confirmer la pertinence de certaines intuitions des grands pédagogues et balaient les fausses croyances comme celle selon lequel notre cerveau serait figé dans l’enfance. En réalité, chaque jour, de nouveaux neurones et de nouvelles connexions se créent, et ce tout au long de la vie, c’est la neuroplasticité.

 

AGO : Et pour les adultes, cela fonctionne de la même manière ?

KB : L’enjeu de la formation professionnelle aujourd’hui est de permettre de s’adapter à un environnement qui change. Intégrer les neurosciences dans la conception et l’animation d’une formation permet de renforcer l’attractivité de ses animations et faciliter l’appropriation des compétences/connaissances pour tous.

Notre cerveau est fait pour apprendre, mais pour un apprentissage facilité et durable il faut répondre aux besoins du cerveau en général et de chaque apprenant en particulier. Le plus grand levier d’apprentissage est le plaisir qui agit comme une motivation intrinsèque à l’apprentissage, celui-là même que l’on peut observer chez les petits enfants qui partent à la découverte du monde. Le deuxième enjeu pour le formateur est de capter l’attention car sans elle il n’y a pas d’apprentissage.

 

AGO : Vous utilisez parfois le terme de « formateur neuro-amical », pouvez-vous nous expliquer un peu mieux ce concept ?

KB : Le formateur qui s’appuie sur les neurosciences devient un facilitateur qui crée les conditions favorables à l’apprentissage en prenant en compte les besoins du cerveau.

Soyez attentifs aux besoins de chacun, bienveillants pour ne pas laisser le stress court-circuiter le cerveau apprenant, encourager la coopération car le cerveau est plus performant en présence des autres, encourageant pour consolider les connexions neuronales nouvelles et laissez exprimer la créativité qui participe à la réalisation du potentiel de chacun.

Le plus important est de donner ou redonner le désir d’apprendre et favoriser la neuroplasticité avec la nouveauté, l’activité physique, le rire, l’empathie, le plaisir…

 

AGO : Merci beaucoup, Karine, pour cet entretien.

KB : Merci à vous, au plaisir de vous retrouver.

 

Pour se former aux neurosciences :

 

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